Il s'en est passe des choses depuis la derniere newsletter... Alors entrons tout de suite dans le vif du sujet.
Comme notre linge etait a la laverie et que celle-ci n'ouvrait pas le dimanche, nous avons du rester un jour de plus a Quito. Nous en avons profite pour errer dans la vieille ville. Dans l'apres-midi, nous allions au cinema en trolet (bus electrique). Le dessin anime que nous choisissions un peu au hasard nous a vraiment beaucoup plu. Il s'intitule "Ratatouille" et rend hommage a la meilleur cuisine du monde: la cuisine francaise. Plein d'optimisme et faisant ressortir la magie de Paris au point d'emouvoir les francais exiles se trouvant dans la salle! ;-) Nous le conseillons aux plus jeunes et aux moins jeunes.
Le lendemain, nous allions recuperer notre linge a la "lavanderia" et pour ne pas deroger a la regle, il en manquait! Cette fois-ci, c'est Guillaume qui se retrouvait sans dessous! Chacun son tour... Enfin apres une demi-heure un peu tendue, tout rentrait dans l'ordre...
Nous prenions donc le bus jusqu'a Latacunga ou nous allions entamer la celebre boucle de Quilotoa. La, deux hommes attrapaient discretement le sac que Guillaume avait entre les jambes en passant le bras sous son siege. Mais heureusement, ils n'ont pas ete suffisamment habiles! Guillaume a senti quelque chose et s'est doute "du petit manege" si bien qu'il a verifie et il manquait la pochette de notre appareil photo. Quand les voleurs nous ont vus fouiller nos sacs et nous retourner, ils nous ont montre que notre pochette se trouvait sous nos sieges! Comme c'est bizarre! Notre sac s'est donc ouvert tout seul et la pochette a voulu prendre l'air!
Nous arrivions dans la campagne: une vue imprenable sur les montagnes, le belement d'un mouton et au loin, l'hacienda (la ferme) ou nous voulions aller vivre un moment rustique.
Apres 800m, nous voila face a des vaches. Guillermo, Florinda, Nelson et Esteban (le Pepino des Choristes) nous accueillaient. Ils etaient la, au milieu des lamas que le petit dernier, Esteban, 4 ans, aime beaucoup! Nous apprenions plus tard qu'il s'agissait des enfants des travailleurs. Bientot, les patrons nous ouvraient leur porte tres courtoisement. Quatre generations vivaient ici: les parents de Margarita, Margarita et son epoux Marco, leur fils Pablo et son fils, le petit Pablo appele Pablito par son pere. Il y avait une quinzaine de touristes dans la demeure: 2 belles brochettes, une d'allemands et une de francais! ;-)
Nous etions invites a visiter le domaine avec Pablo, le pere. Au loin, les champs de patates mais concentrons-nous sur les betes: lamas, vaches, cochons, moutons, chevaux. Et comme nous sommes chanceux, nous assistions a la traite du soir. Nous remarquons que beaucoup d'enfants travaillent. Pablo nous explique comment le lait est conserve: la timbale est deposee dans une source d'eau fraiche avec un peu de bicarbonate de potassium. "Pouvons-nous goutter?"
_ "Claro!" ("Biensur!"), a repondu Pablo.
Un travailleur est revenu peu de temps apres, deux verres a la main. Il nous a appris a traire. Le lait sortait tout chaud du pie de la vache... Y a -t-il besoin d'un commentaire?
A 18h, nous avions rendez-vous avec Guillermo, Florinda, Nelson et Esteban pour leur montrer les videos que nous avions faites d'eux. Nous en profitions pour leur faire decouvrir des videos du Perou avec lions de mer, pelicans et de leur capitale ou des enfants jouent de la musique dans les rues pour gagner leur vie. Ils etaient tres attentifs et heureux de decouvrir tout cela. Lorsqu'ils se voyaient, ils riaient aux eclats!
Apres un repas du terroir, entoures d'allemands tres sympathiques, nous allions tous deux dans notre chambre. La, nous avions une grande discussion sur le travail des enfants. Nous decidions d'aller ecrire un peu sur une table du salon. Des gamines etaient dans la cuisine a laver la vaisselle et ranger jusqu'a 22h30. L'exigence des patrons et la facon dont ils distribuaient les ordres finissaient par eveiller en nous ce sentiment de revolte et de nous attrister.
Le lendemain, a 6h30, nous assistions a la traite du matin. Sur tous les travailleurs, deux etaient adultes!!! La traite avait commence a 5h30. Il y avait des visages connus comme celui de Florinda, ses petites chaussures trempees d'un melange d'eau, de bouse et de lait, qui s'occupait de deplacer les vaches d'une etable a l'autre. Nancy, 11 ans, qui en paraissait plutot 8, avait l'air paniquee car elle semblait penser qu'elle n'allait pas assez vite...
Vers 7h, Pablo est arrive avec Pablito, pour observer le bon deroulement du travail.
Nous allions ensuite petit-dejeuner: fromage, yaourt et dulce de leche maison et biensur lait tout juste sorti de la vache. Puis ce fut pour nous le grand nettoyage et ce matin, ce n'etait pas du luxe, une vache nous avait eclabousses de sa bouse bien fraiche!
Qu'allons-nous faire? Nous ne pouvons partir sans rien dire. Peut-etre que ca ne changera rien mais ca peut faire reflechir... La patronne nous a tendu la perche sur le ton de la plaisanterie: "avant de partir, vous pouvez ecrire un petit mot dans notre livre d'or, meme ce que vous n'avez pas aime!" Guillaume saute alors sur l'occasion: "la nourriture etait delicieuse. Votre accueil, tres chaleureux. Mais il y a quelque chose de difficile pour nous, c'est de voir des enfants travailler."
La, la terre s'est effondree sous nos pieds quand Margarita nous a repondu: "ces enfants ne sont pas nos travailleurs! Nous ne les payons pas! Ce sont les enfants des travailleurs!" Guillaume a poursuivit sans s'emporter: "enfin, ce ne sont pas vos travailleurs mais il y a des enfants qui ont travaille jusqu'a 22h30 hier soir ici et qui trayaient vos vaches a 5h30 ce matin!?"
_ Oui mais ce sont leurs parents qui les forcent a venir travailler! Et puis, il y a des enfants dont les parents sont malades ou alcooliques et s'ils ne travaillent pas, ils ne peuvent pas survivre!
_ Mais sont-ils payes?
_ Non, nous payons leurs parents.
_ Vous comprenez que nous sommes surpris! Chez nous, il y a un code du travail et le travail des enfants est interdit jusqu'a l'age de 16 ans. D'ailleurs, ca fait partie des droits de l'enfant qui sont internationaux... Est-ce que nous sommes les seuls touristes a vous dire cela?
_ Non! Mais on n'arrive jamais a discuter!
La, le mari et le fils arrivent. La discussion redemarre. On entend que grace a eux, ces enfants mangent a leur faim et qu'en periode d'ecole ils sont scolarises. La, ce sont leurs vacances!!!
Nous posons des questions: n'y a -t-il pas une autre solution?
Il semble que non, d'apres les patrons. S'ils interdisent aux enfants des travailleurs de travailler pour eux, les parents partiront a la ville et ce sera bien pire pour les enfants... Les nouveaux travailleurs feront comme les anciens et la fatalite aura raison de toute leur bonne volonte... Entre situation complexe et mauvaise foie...
Quoi qu'il en soit, l'hacienda aurait une autre ethique si elle n'exploitait pas des enfants!
Nous partions le coeur tres tres serre. Adieu petits etres prives d'enfance! Au moins, nous avons dit que pour nous c'est difficile de voir ca! Au moins nous avons pu discuter et peut-etre faire evoluer les mentalites. Au moins, nous ne nous sommes pas faches, nous avons peut-etre ete constructifs...
Nous faisons du "stop" jusqu'a la prochaine ville ou nous prendrons une camionette jusqu'a la lagune Quilotoa (3897m): une merveille.
La, nous retrouvons nos allemands de l'hacienda qui nous proposent un trek de 5h jusqu'au prochain pueblo. C'est parti! Une erreur de direction nous vaudra 1h de marche en plus. C'est vrai que le paysage est splendide. Dommage que les nuages et la pluie nous aient empeches d'en profiter jusqu'au bout. Guillaume portera l'enorme sac de Julia pendant environ 4h car vraiment, il etait trop lourd. Puis il a aide Anna, encore plus chargee!!! Heureusement que nous rencontrions Cesar, un monsieur des environs, car sur le chemin, aucun marcage ne nous indiquait la direction. Nos allemandes, en particulier Johanna, commencaient a paniquer serieusement face a la situation "inconfortable" comme disait Paul. Julia n'arrivait plus a respirer apres avoir repris son gros sac. Kindie echangeait avec le sien, bien plus leger, pour la derniere heure. "Il faut que vous nous montriez ce que vous avez dans vos sacs ce soir, german guys!!!" Nous arrivions a bon port, a Chugchilan, trempes mais sains et saufs. Ce soir la, nous appreciions vraiment le diner, n'ayant pas mange le midi.
Le lendemain, apres une bonne nuit de sommeil, nous quittions nos nouveaux amis pour rejoindre Sigchos dans le camion de lait qui s'est revele etre le camion de gaz ;-)
Nous rencontrions Murielle, une maman suisse voyageant avec ses 3 formidables enfants: Marius (12 ans), Louise (qui a fete ses 10 ans au Machu Picchu) et Zoe (la petite derniere de 5 ans). Ils venaient de decouvrir le Perou et parcouraient desormais l'Equateur avant d'aller feter les 6 ans de Zoe sur une plage de Colombie, "dans 6 dodos!". Ces 3 mois de vacances, ils s'en souviendront. Ces 3 petits aventuriers avaient fait un super enregistrement que nous voulions ajouter a l'album audio mais ca gresille trop, on n'entend rien alors ben tant pis...
Nous voici donc a Sigchos et ici c'est la repetition generale de la fete municipale annuelle qui aura lieu samedi. Nous dejeunons un "almuerzo" (menu du jour) compose d'une soupe et d'un segundo avec poulet, riz, betteraves et haricots rouges.
C'est l'heure d'aller prendre le bus pour Saquisili. Nous roulons 2h dans des paysages epatants et peu a peu le bus se remplit. Kindie propose de porter le bebe d'une jeune femme se trouvant debout dans l'allee. La jolie petite fille est deposee dans ses bras et lui serrera fort le petit doigt jusqu'a la descente. Nous trouverons un hotel apres maintes recherches puis nous irons au marche. Ce soir ce sera pizza pour tout le monde!
Le jeudi, c'est le jour de la grande feria de Saquisili: vente d'animaux, vente de fruits et legumes, vente d'artisanat,... Nous y passerons la matinee. De retour a l'hotel, nous croisons nos allemands. C'est avec eux et notre nouvelle brochette suisse que nous pique-niquerons ce midi les frais produits tout juste achetes au marche.
A 13h30, nous grimperons tous dans un bus pour rejoindre la ville de Banos. Murielle et ses loustics descendront avant, les au-revoirs etaient touchants.
A Banos, les connexions Internet sont hors de prix! Nous rencontrons des jeunes filles qui apres les questions de Kindie finissent par nous confirmer ce que nous pressentions: dans toute la ville, il y a un prix pour les habitants de Banos et un prix pour les touristes, beaucoup plus eleve! Apres vous avoir tout de meme rapidement donne des nouvelles, nous allions diner et nous nous dirigions vers les bains chauds naturels des piscines de Banos, une ville qui, vous le noterez, porte bien son nom. Ce fut un moment tres agreable entre piscines tres chaudes et piscines gelees, revigorantes.
Le lendemain, nous decouvrions la ville et allions, selon le bon conseil de Murielle, faire une seance thermale a l'eucalyptus! Enfermes dans une cabine dont seule notre tete depassait, nous etions bouillis a la vapeur puis ressortis et refroidis sous l'eau froide, dans un bain puis "passes au karscher"! ;-) Il parait que ca purifie le sang! En tout cas, ca fatigue le coeur! Et ca relaxe! Nous avions droit a un cocktail compose de 10 herbes differentes! Puis nous hesitions entre un restaurant francais et un restaurant mexicain et comme nous rentrons dans 15 jours, nous avons opte pour le mexicain... Apres les tacos, le burrito et le fajita, nous allions dormir comme des loirs!
Le lendemain, a 7h30, nous etions debout pour aller apercevoir le volcan le plus actif du pays: le Tungurahua, petit enfer en quechua. Nous marchions donc dans la vallee pendant 2h et de la haut, nous avons vu toute sa fumee, nuages marrons au milieu des nuages blancs du ciel. Nous pouvions a peine distinguer sa forme a travers les nuages mais il etait bien la! Il est interdit de s'en approcher de trop pres car c'est tres dangereux! Il est en ebullition!!! Nous rentrions vite et allions prendre une bonne douche et un bon "almuerzo"· Nous attrapions ensuite le bus pour Riobamba ou les connexions Internet sont a des prix plus abordables!!!
Vos sud-americains qui sentent "grave" la fin... |